17/03/2010
Foix
17:21
Scritto da: jeanlouisla
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12/03/2010
Chine
Droits de l'homme : un rapport US épingle la Chine
En réaction, Pékin a estimé que les Etats-Unis "se sont de nouveau posés comme le juge mondial en matière de droits de l'Homme", regrettant que cette question soit utilisée comme un "instrument politique".

Place Tiananmen à Pékin. (Photo d'archives - Reuters)
Le bilan des droits de l'homme en Chine reste mauvais et se dégrade même par endroits, notamment au Xinjiang, la région musulmane du nord-ouest du pays en proie l'an dernier à des affrontements ethniques, a estimé jeudi 11 mars le département d'Etat américain.
"Le bilan des autorités en matière de droits de l'homme est resté mauvais et s'est détérioré dans certaines zones", a estimé le ministère dans son rapport annuel sur les droits de l'homme dans le monde.
Dégradation au Xinjiang
Pékin a "intensifié sa répression sévère au plan culturel et religieux" des minorités ethniques au Xinjiang, théâtre à l'été 2009 de violences entre les Ouïghours, une ethnie musulmane et turcophone, et les Hans, l'ethnie majoritaire en Chine.
Dans l'ensemble du pays, "la détention et le harcèlement des militants des droits de l'homme se sont accrus", a relevé le département d'Etat. "Les avocats et les cabinets juridiques qui ont défendu des affaires qualifiées de sensibles par les autorités ont fait l'objet de harcèlement, de radiations ou de fermetures", selon le rapport.
Tortures
Le texte ajoute que la Chine a imposé "un contrôle gouvernemental étroit" auxTibétains, qui se sont vu restreindre la pratique de leur religion et ont fait l'objet de sanctions sévères s'ils tentaient de fuir au Népal.
"Les Tibétains rapatriés du Népal auraient subi des tortures, notamment sous forme de chocs électriques, d'exposition au froid et de passages à tabac, et auraient été obligés d'accomplir des travaux physiques éreintants", selon le rapport.
La Chine proteste régulièrement contre le bilan des droits de l'homme du département d'Etat, qui, selon elle, constitue une ingérence dans ses affaires intérieures et a souvent répliqué par des critiques sur la manière dont les Etats-Unis traitent leurs propres citoyens.
Internet censuré
Le rapport du département d'Etat fait aussi référence à un sujet de tension croissant entre les deux pays, notant que Pékin a imposé des restrictions de plus en plus sévères à l'utilisation d'internet en bloquant des sites et en emprisonnant des blogueurs critiques envers le régime.
Toutefois, note le texte, "étant donné les limites techniques de la censure, l'autocensure des entreprises d'internet est restée le principal moyen pour les autorités de limiter la liberté d'expression en ligne".
En janvier, le géant d'internet Google a annoncé qu'il envisageait de se retirer du marché chinois, pourtant en pleine expansion, en raison de la censure et de cyberattaques visant les sites de dissidents.
250.000 personnes en camp de travail
Le département d'Etat note par ailleurs que la Chine a continué de réprimer le mouvement spirituel Falungong, d'inspiration bouddhiste, taoïste et confucianiste.
Les autorités chinoises ont interdit le mouvement en 1999, l'accusant de perturber l'ordre social. Le rapport américain, citant des sources au sein de Falungong, affirme que 3.000 de ses pratiquants ont été torturés à mort depuis cette date.
S'appuyant sur des observateurs étrangers, il ajoute qu'environ la moitié des 250.000 personnes officiellement détenues dans des camps de travail le sont en lien avec Falungong.
(Nouvelobs.com avec AFP)
Lyon04
Pudeur
C'est "la meilleure"!...Le pays dirigé par Bush durant ces dernières années qui se pique de donner des conseils concernant les droits de l'homme! On aura tout vu et tout entendu de la par des étatsuniens qui pratiquent les guerres -parfois inventées-aux 4 coins du globe!
12.03 à 15h20
Terry31
Les donneurs de leçons...
... sont toujours ceux qui enfreignent les lois.
Les USA devraient balayer d'abord devant leur porte avant de regarder chez les voisins.
12.03 à 13h17
LeFuret
L'hopital
qui se fout de la charité.
Après les massacre de civils au Kosovo,Irak,afghanistan ,le silence du massacre des palestiniens,ces GENS se permettent de parler des droits de l'homme.
Putain,dans quel monde vivons nous.
12.03 à 11h59
david1506
COMME LE DISAIT DALIDA
Des paroles des paroles des paroles.....A quand les actes?La Chine sous le pretexte que son economie est surpuissante se permet de narguer le Monde.Et je suis entierement en accord avec le propos de fak-iouessay.A quand une condamnation unanime des exactions commises par la Chine.On peut toujours rever, comme on peut croire a une condamnation par les USA des atrocites commises par ses amis israeliens
12.03 à 11h46
david1506
COMME LE DISAIT DALIDA
Des paroles des paroles des paroles.....A quand les actes?La Chine sous le pretexte que son economie est surpuissante se permet de narguer le Monde.Et je suis entierement en accord avec le propos de fak-iouessay.A quand une condamnation unanime des exactions commises par la Chine.On peut toujours rever, comme on peut croire a une condamnation par les USA des atrocites commises par ses amis israeliens
12.03 à 11h45
wwww
Merde! A l'instar des paradis fiscaux,
Il faut bien quelque endroit ou les droits soient différents ! Non ?! Quand le "paradis" est plus nuisible à l'homme qu'une balle dans la tête.....
12.03 à 11h09
hoheheinbon
epinglage?
quel rapport épinglera les USA pour ses crimes de guerre à répétition?car enfin il n'ya qu'a ouvrir les yeux et les oreilles pour voir qui tire le plus sur l'autre et que si on veut parler de péril jaune,il faudra bien parler de péril blanc.(censure?)
12.03 à 10h55
gidgyo57
Freud devait être
spirituel pour avoir découvert l'inconscient, le conscient, le subconscient car on ne le voit toujours pas à l'oeil nu sur la photo publiée par le nouvel obs ! Sont-ils là ?
12.03 à 10h28
Sylvain 2
Ca me fait plaisir
Qu'il y ait au moins un gouvernement qui n'ait pas peur de denonçer les nombreuses atteintes aux droit de l'homme en Chine.
Il n'y a rien de pire que le silence.
12.03 à 10h16
fak-iouessay
Le Juge mondial
est le meme qui a balance des bombes atomiques sur des civiles ? le meme qui bombardait au napalm les civils vietnamiens ? le meme qui refuse de reconnaitre le genocide des Indiens d Amerique ? le meme de Guantanamo ? le plus gros pollueur des 50 dernieres annees sur la planete, le pays ou a 13
ans on peut etre condamne a mort ??? eehhh oui ils peuvent en effet donner des lecons...
12.03 à 10h12
12_I/8
A l'oeil nu ça ne se voit
pas mais s'il existait plusieurs corps ; la médecine aurait intitulé ses publications "les corps" et pas "le corps". Ce qui veut dire que c'est le corps qui s'est répandu jusqu'en 2010 et pas notre corps qui s'est répandu jusqu'à la préhistoire.
12.03 à 09h58
100teur
Droits de l'Homme, Droits de l'Homme !
Ce n'est quand même pas l'Homme 2010 qui s'est répandu jusqu'à la préhistoire !
12.03 à 09h41
17:30
Scritto da: jeanlouisla
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07/03/2010
Ouragan Katrina : la justice saisie quant au rôle des gaz à effet de serre dans la catastrophe
Des Américains ont engagé une poursuite en justice contre des compagnies pétrolières et chimiques du pays, responsables selon eux de la puissance de l'ouragan Katrina en août 2005. Les gaz à effet de serre émis par ces compagnies auraient, selon les plaignants, renforcé la catastrophe qui a entraîné la mort de plus de 1.200 personnes dans le sud du pays.

Les plaignants estiment que "la fabrication d'énergies, de combustibles fossiles et les industries chimiques aux États-Unis dégagent des gaz à effet de serre qui contribuent au réchauffement climatique, c'est-à-dire à l'augmentation des températures à la surface de la terre et au niveau des océans", a expliqué la Cour d'appel.
Cette augmentation de la température aurait selon eux "à son tour causé la montée du niveau de la mer, et a ajouté à la puissance de l'ouragan Katrina qui a détruit tant les propriétés des plaignants que des propriétés publiques qui leur étaient utiles", lit-on dans des documents de justice cités par l'AFP.
Les sociétés ExxonMobil, BP et Chevron, l'équipementier aéronautique Honeywell ou encore American Electric Power sont directement visés par les plaignants qui réclament des dommages et intérêts compensatoires pour nuisance privée, violation de propriété et négligence.
09:45
Scritto da: jeanlouisla
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06/03/2010
Climat
23:55
Scritto da: jeanlouisla
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Le marché d’émissions du Japon compromis par un désaccord politique
| Le marché d’émissions du Japon compromise par une querelle politique Du fait d'un désaccord au sein même de son gouvernement, le Japon pourrait avoir du mal à mettre en place un marché d'émissions de gaz à effet de serre, comme le prévoit un projet de loi sur le changement climatique, actuellement en débat.Un désaccord au sein du gouvernement du Japon concernant une législation pour lutter contre le changement climatique pourrait mettre à l’eau ses projets d’élaboration d’un système de marché d’émissions, au cœur de sa politique environnementale. Dans la dernière version d’un projet de loi sur le climat, qui devrait être soumis au Parlement la semaine prochaine, le ministre de l’environnement ne précise pas de quelle manière des limitations d’émissions seraient fixées et quand le marché pourrait être lancé.
Le Ministre de l’Environnement a favorisé la mise en place de limitations volumiques des émissions. Mais le Ministre de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie a demandé que les limitations se fassent en unité de production, ce qui permettrait aux émissions d’augmenter lorsque les entreprises augmentent leur production.
Le Ministre de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie est sous la pression des compagnies qui craignent que la limitation des émissions degaz à effet de serre ne réduise leur croissance. « Nous n’excluons pas les limitations volumiques, mais étant donné le besoin de croissance économique, les objectifs d’intensité carbone devraient également être inclus dans la législation » a déclaré le Ministre de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie du Japon, Masayuki Naoshima. Un modèle national fixant des objectifs durs en matière d’émissions de gaz à effet de serre pourrait être un élément moteur pour le marché du carbone, en fonction de la conception de ce dernier. Les émissions de gaz à effet de serre du Japon, cinquième émetteur mondial, représentaient 1,29 milliards de tonnes pour l’année fiscale allant jusqu’à mars 2009. Depuis que le Parti démocrate est devenu majoritaire lors d’une élection qui a eu lieu en août dernier, le gouvernement du Japon a cherché à mettre en place des politiques climatiques plus ambitieuses, comprenant un système de marché d’émissions, fixant des limitations obligatoires des émissions. Mais les compagnies japonaises, inquiètes des retombées économiques de limitations volumiques, ont demandé à ce que le projet de loi ne mentionne pas le concept de « marché d’émissions » lorsqu’il fait référence à ce mécanisme. L’idée du marché d’émissions est de fixer une limite sur les émissions, qui peut évoluer et devenir de plus en plus élevée avec le temps. Cela oblige les compagnies à investir pour réduire leur pollution en dioxyde de carbone, ou à acheter des permis pour chaque tonne d’émissions dépassant leur objectif. La dernière version du projet de législation du Japon ne mentionnait pas de système de marché d’émission. Le Ministre de l’environnement, Sakihito Ozawa, espérait que le système d’échange pourrait commencer l’an prochain, mais il faudra sans doute plus de temps pour concevoir les détails de ce système. Le projet de loi comprend également l’objectif du Japon consistant à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 25% d’ici 2020 par rapport aux niveaux de 1990, à condition qu’un accord mondial sur le climat soit conclu. « Si des détails sont omis, comme le suggèrent des rapports publiés dans la presse, alors cela fera naître des inquiétudes et des questions concernant la régulation du volume absolu d’émissions » a déclaré Tsuneo Takahashi, directeur de Natsource Japan Co. « L’intensité carbone ne peut pas être mesurée avant un an, ce qui signifie que le marché ne sera pas lancé avant cela. Donc cela suscite des questions concernant l’activité du système d’échange actuel ». D’autres disent que le projet de loi ne fait que donner de grandes orientations politiques tout en laissant les détails pour plus tard, mais le fait de ne pas mentionner le concept de « marché d’émissions » risque de créer un système qui ne conduira pas à une réduction significative des émissions nationales. « Il n’y a aucune raison pour que le gouvernement évite de faire référence au marché d’émissions en tant que tel » indique Naoyuki Yamagishi, dirigeant du programme pour le changement climatique de WWF Japon. |
23:37
Scritto da: jeanlouisla
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04/03/2010
Palestine : reprise des négociations
15:00
Scritto da: jeanlouisla
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03/03/2010
Cap vers l'aventure à bord de la Boudeuse
23:19
Scritto da: jeanlouisla
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Le grand soir du climat attendra
Conférence des Nations Unies sur le changement climatique en 2009, Copenhague, Danemark.
“Nous nous sommes battus pour obtenir le peu que nous avons eu, pas grand-chose en l’occurrence”, a déclaré Dessima Williams, déléguée de la Grenade et de l’Alliance des petits Etats insulaires (AOSIS), devant les représentants des 192 nations au matin du 19 décembre, qui allait voir le sommet de Copenhague sur le climat se refermer sur un échec. Elle leur a cependant demandé avec force, comme l’Éthiopie au nom de l’Union africaine et le Lesotho au nom des pays les moins avancés (PMA) d’adopter l’“Accord de Copenhague” de trois pages annoncé la veille par le président des Etats-Unis, Barack Obama.
Le même accord avait ensuite été rejeté par plusieurs pays en développement, notamment le Soudan, dont le leader charismatique Lumumba Di-Aping a déclaré que cela revenait à demander à l’Afrique de signer un texte “suicidaire”. En fin de compte, l’assemblée a pris acte de l’accord, sans l’adopter, et les gouvernements de la planète sont convenus de poursuivre les négociations sur le climat, sans fixer de date limite pour livrer leurs conclusions ou aboutir à un accord qui donnerait lieu à un traité contraignant. “Je ne vous cacherai pas ma déception. Nous ne sommes pas parvenus à combler nos attentes. La nécessité d’un accord contraignant n’a pas été reconnue”, a conclu le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, le visage las, comme vaincu, devant des journalistes. “L’accord ne lèvera pas la menace climatique”, a-t-il poursuivi.
Les nations les plus pauvres prennent position
L’accord de Copenhague et la décision de poursuivre les négociations dans le cadre du protocole de Kyoto et celui, plus large, de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) sont les seuls accomplissements importants de la Conférence. Toutefois, le texte de l’accord est vague et ne donne pas de précisions, ni sur les réductions d’émissions, ni sur la part du financement à long terme qui doit venir du secteur public par rapport au secteur privé. Les engagements de financements accélérés s’élèvent pour l’heure à 25 – et non 30 – milliards de dollars.
Des références explicites à un prélèvement sur les fiouls lourds, qui pourrait permettre de financer jusqu’à un quart des budgets à long terme requis selon la fédération européenne T&E, ont été supprimées. Le Malawi avait plaidé, au nom des PMA, en faveur de l’intégration d’une référence à ce prélèvement. Selon certains, le chaos du sommet danois pourrait inciter à placer les négociations internationales sur le climat dans un autre cadre, par exemple le Forum des économies majeures sous l’égide des Etats-Unis ou le G20. Cela reviendrait à en exclure les plus pauvres, alors qu’ils commençaient à peine à faire entendre leur voix.
Le premier ministre éthiopien, Mélès Zenawi, à la tête de la toute première délégation conjointe d’Afrique de l’histoire à Copenhague, a déclaré que les Africains étaient là pour négocier, et non en tant que victimes. L’Ethiopie et la France ont présenté un plan de financement appelant à une taxe mondiale sur les transactions financières — la taxe Tobin — et à des taxes sur le transport aérien international de personnes et de marchandises. La société civile africaine était présente comme jamais auparavant, amenant Tim Gore, représentant d’Oxfam, à déclarer que les négociations sur le climat ressemblaient de plus en plus aux négociations internationales sur le commerce.
Selon certains, le chaos du sommet danois pourrait inciter à placer les négociations internationales sur le climat dans un autre cadre, par exemple le Forum des économies majeures sous l’égide des Etats-Unis ou le G20. Cela reviendrait à en exclure les plus pauvres, alors qu’ils commençaient à peine à faire entendre leur voix.
Échec cuisant de la stratégie climatique de l’UE
L’UE et l’Afrique étaient d’accord sur de nombreux sujets, des pressions en faveur de fortes réductions d’émissions à la reconnaissance de la nécessité d’un financement important à long terme. Mais comme l’Afrique, l’UE n’a toutefois pas réussi à atteindre ses objectifs. En fin de compte, l’Europe a été reléguée au rang d’observateur, les Etats-Unis, la Chine, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud négociant l’accord. Un Barroso frustré a déclaré que personne n’avait prêté intérêt à la proposition de l’UE d’accroître son objectif de réduction d’émission à 30% d’ici 2020, laissant entendre que sa stratégie pour obtenir un accord probant avait échoué.
Yvo de Boer, responsable du climat à l’ONU, a insisté sur le fait que l’accord de Copenhague était toutefois extrêmement significatif sur le plan politique, dans la mesure où c’est la première fois que des dizaines de dirigeants mondiaux ont participé à des négociations sur le climat. C’est cette vision des choses, à savoir que Copenhague est un début plutôt qu’une fin, qui a amené des dirigeants de l’AOSIS, de l’UA et des PMA à appuyer un accord que certains étaient prêts à rejeter.
Detlef Sonnenberg, Journaliste freelance.
23:16
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Démission d'Yvo de Boer, le «Monsieur climat» de l'ONU
Yvo de Boer était, depuis septembre 2006, secrétaire exécutif de la Convention de l'ONU sur les changements climatiques (UNFCCC), qui rassemble 194 pays. Cette annonce intervient deux mois après la fin du sommet de Copenhague, considéré comme une déception - voire un échec - par nombre de ses participants.
Yvo de Boer rejoindra le groupe de conseil KPMG et travaillera avec plusieurs universités, précise l'UNFCCC dans un communiqué. «Cela a été une décision difficile à prendre, mais l'heure est venue pour moi de relever un nouveau défi, en travaillant sur le climat et le développement durable avec le secteur privé et le monde universitaire», explique-t-il dans un communiqué.
(Source AFP)
(REUTERS/Christian Charisius)
23:11
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Mobilisation pour le climat et stratégie anticapitaliste
Camarades,
Trois milliards d’êtres humains manquent de l’essentiel. La satisfaction de leurs besoins nécessite une production accrue de biens matériels. Donc une consommation accrue d’énergie. Celle-ci, aujourd’hui, est à 80% d’origine fossile, et par conséquent source de gaz à effet de serre qui déséquilibrent le système climatique.
Or, nous ne pouvons plus nous permettre de déséquilibrer le climat. Nous ne sommes probablement plus très loin d’un « point de basculement » (tipping point) au-delà duquel des phénomènes incontrôlables et irréversibles à l’échelle humaine des temps risquent de s’engrener qui pourraient conduire à ce que l’humanité n’a jamais connu et que la planète n’a plus connu depuis 65 millions d’années : un monde sans glace. Un monde dans lequel le niveau des mers monterait de 80 mètres environ par rapport au présent.
La disparition totale des glaces n’est certes pas pour demain : le processus pourrait prendre jusqu’à mille ans. Mais l’engrenage pourrait se mettre en route dans vingt, trente ou quarante ans et entraîner une hausse du niveau des mers de plusieurs mètres avant la fin du siècle. Pour l’empêcher, il s’agit de réduire radicalement les émissions de gaz à effet de serre, donc de se passer complètement de combustibles fossiles en deux ou trois générations.
Se passer de charbon, de pétrole, de gaz naturel ? C’est possible : le potentiel technique des énergies renouvelables est suffisant pour prendre le relais. Mais en pratique, dans le laps de temps très court dont nous disposons, la transition énergétique n’est envisageable que si elle va de pair avec une importante réduction de la consommation d’énergie. Une réduction tellement importante qu’elle ne peut être acquise seulement par la hausse de l’efficience énergétique : une réduction de la production matérielle et du transport de matières est nécessaire.
Ceci suffit à comprendre et à faire comprendre que l’humanité est confrontée à un défi gigantesque. Un défi d’une nature totalement nouvelle, et qui dominera le 21e siècle. Un défi qui contribue à déterminer les conditions d’intervention des marxistes révolutionnaires et du mouvement ouvrier en général.
Ce double défi, le capitalisme ne peut pas le relever. Ni sur le plan social, ni sur le plan environnemental. Plus exactement : il ne peut pas le relever d’une manière qui soit acceptable pour l’humanité (je reviendrai plus loin sur ce que cela implique). La raison de cette incapacité est la même sur les deux plans : le capitalisme n’a pas pour but la production de valeurs d’usage pour la satisfaction de besoins humains finis, mais la production potentiellement infinie de valeur par des capitaux nombreux et concurrents, établis autour d’Etats rivaux.
Un capitalisme sans croissance est une contradiction dans les termes, disant Schumpeter. La dématérialisation relative de la production est certes une réalité, mais elle est plus que compensée par l’augmentation de la masse de marchandises produites.
Cette dynamique d’accumulation constitue la raison fondamentale pour laquelle le « capitalisme vert » est une illusion, au même titre que le « capitalisme social ». Il y a des capitaux verts, sans aucun doute, il y en a même de plus en plus, et ils génèrent de belles plus values. Mais ils ne remplacent pas les capitaux sales : ils s’ajoutent à ceux-ci, et les seconds, parce qu’ils dominent, déterminent les rythmes, les choix technologiques et les modalités d’introduction des premiers. Le passé récent ne laisse aucun doute à ce sujet. Voyez Barack Obama : lors de la campagne présidentielle, il avait promis de faire payer les pollueurs pour soutenir massivement les énergies vertes (150 milliards de dollars en 10 ans) et aider les plus défavorisés à supporter le renchérissement de l’énergie. Cette politique était censée créer cinq millions d’emplois. Mais la crise des subprimes est passée par là et, de toutes ces intentions, il ne reste rien. Aux USA comme dans l’UE, les pollueurs recevront les droits de polluer gratuitement, les vendront avec profit et les factureront aux consommateurs.
La politique climatique capitaliste renforce les capitalistes qui détruisent le climat. Ainsi s’exprime la force des lobbies patronaux de l’énergie fossile et des secteurs qui y sont liés, tels que l’automobile, la construction navale, l’aéronautique, la pétrochimie et d’autres. Ceci confirme l’analyse marxiste selon laquelle les monopoles ont la capacité de freiner la péréquation des taux de profit. Dans le cas des combustibles fossiles, cette capacité est d’autant plus forte qu’elle s’ancre dans la propriété des gisements, des mines etc., donc dans la rente foncière.
Le résultat s’étale sous nos yeux : dans tous les pays, les plans climat ne représentent même pas la moitié de ce qui serait nécessaire en termes de réduction des émissions de GES. De plus, ces plans creusent les inégalités sociales et s’accompagnent d’une fuite en avant dans des technologies dangereuses : l’énergie nucléaire, la production massive d’agrocarburants et la capture séquestration géologique du CO2 (censée rendre le charbon « propre »). C’est dans ce cadre général qu’il faut voir la pantalonnade de Copenhague : la conférence ultra-médiatisée qui devait accoucher d’un nouveau traité international contraignant et ambitieux pour prendre le relais du Protocole de Kyoto s’est terminée en déroute : sans objectifs chiffrés, sans échéances, sans même une année de référence pour mesurer les réductions d’émissions. D’ailleurs, Copenhague pourrait bien marquer un tournant vers une politique encore plus dangereuse que celle du Protocole. Par l’accord qu’ils ont conclu, en effet, les 25 grands pollueurs se sont largement soustraits à la pression scientifique du GIEC et au principe des responsabilités communes mais différenciées. C’est un accord de maquignons entre l’impérialisme et les nouvelles puissances capitalistes montantes, qui se sont partagé l’atmosphère sur le dos des peuples, des travailleurs et des pauvres du monde entier.
Il est fort à craindre que la Conférence de Cancun en décembre confirme ce tournant. Dans ce cas, sur base des actuels plans climat nationaux, on peut projeter un hausse de la température moyenne de surface comprise entre 3,2 et 4,9°C en 2100 (par rapport au 18e siècle).
Il faut se méfier d’un catastrophisme aux accents eschatologiques. Certains discours apocalyptiques, en effet , n’invoquent l’urgence que pour plaider les sacrifices et escamoter la responsabilité capitaliste. Mais il ne fait aucun doute qu’une hausse de température de 4°C entraînerait de véritables catastrophes sociales et écologiques.
Il s’agit ici de prendre l’exacte mesure de la menace. Ce n’est pas l’avenir de la planète qui est en jeu, ni la vie sur Terre, ni même la survie de l’espèce humaine. A part la chute d’un astéroïde, un accident nucléaire de grande ampleur est probablement la seule chose qui puisse menacer la survie de notre espèce. Le changement climatique, en tout cas, ne la menace pas. Mais il menace d’aggraver sérieusement les conditions d’existence des 3 milliards d’hommes et de femmes qui manquent déjà de l’essentiel. Et il menace la survie physique de quelques centaines de millions d’entre eux, celles et ceux qui sont le moins responsables du réchauffement.
Mike Davis, dans « Génocides tropicaux », a décrit en détail les horribles famines qui firent des dizaines de millions de victimes à la fin du 19e siècle. Ces famines étaient le résultat combiné d’un épisode El Nino exceptionnel et de la formation du marché mondial des produits agricoles. C’est à la répétition de tragédies de ce genre que nous devons nous attendre. A ceci près que le drame, cette fois, sera dû entièrement à la soif de profit du grand capital, en particulier des secteurs monopolistes basés sur les combustibles fossiles.
Ceci nous permet de préciser en quoi consiste l’incapacité du capitalisme de faire face au défi. « Il n’y a pas de situation sans issue pour le capitalisme », disait Lénine. En effet. Mais l’issue, cette fois, risque d’être particulièrement barbare.
Camarades,
Il est évident que la crise écologique et la crise sociale sont une seule et même crise : la crise du système capitaliste. L’expression « crise écologique » est trompeuse : ce n’est pas la nature qui est en crise, mais le rapport entre la société et la nature. Ce n’est pas le climat qui est en crise, et sa perturbation n’est pas due à « l’activité humaine » en général : elle est due à un certain mode de cette activité, historiquement déterminé, basé sur les combustibles fossiles. La crise écologique, en d’autres termes, n’est rien d ’autre qu’une manifestation de la profonde crise systémique du capitalisme.
Il est absolument évident que satisfaire le droit au développement et les besoins sociaux en général tout en réalisant les gigantesques réductions d’émission qui sont nécessaires dans les quarante ans n’est envisageable que si l’on adopte une perspective anticapitaliste radicale. Esther Vivas reviendra sur nos tâches politiques dans la seconde partie de ce rapport. Je me contenterai ici de citer les principales mesures qui s’imposent : supprimer les productions inutiles ou nuisibles ; planifier la transition vers un autre système énergétique ; implanter les sources renouvelables et développer l’efficience énergétique indépendamment des coûts (en fonction de la rationalité thermodynamique, pas du profit) ; transférer massivement et gratuitement les technologies propres aux peuples du Sud, via le secteur public des pays concernés ; mettre sur pied un fonds mondial pour l’adaptation aux effets du réchauffement dans les pays pauvres ; soutenir l’agriculture paysanne contre l’agrobusiness ; relocaliser une partie substantielle de la production, notamment agricole ; redistribuer les richesses en ponctionnant les revenus du capital ; réduire radicalement le temps de travail et les cadences, sans perte de salaire, avec embauche compensatoire ; exproprier les secteurs de l’énergie et du crédit….
On nous dit « c’est plus facile à dire qu’à faire. » Sans aucun doute, mais la première chose à faire… c’est de le dire. Et c’est ce que nous devons faire en premier lieu, en tant qu’Internationale : le dire. Cela ne nous isolera pas, au contraire. La lutte contre le changement climatique donne une crédibilité tout à fait considérable à l’alternative anticapitaliste. L’ampleur même du problème, sa globalité, son urgence, l’injustice monstrueuse des conséquences prévisibles : tout cela permet d’introduire par en-haut et en termes très simples la nécessité d’une rupture radicale avec la production généralisée de marchandises. Vu l’énormité des enjeux, c’est beaucoup plus qu’un choix politique qui est posé : un choix de civilisation. A travers le danger climatique, le capitalisme nous offre une possibilité de réhabiliter le communisme pour ce qu’il est vraiment : un projet de civilisation digne de ce nom. Le projet d’une communauté humaine autogérant les ressources naturelles communes de façon rationnelle et prudente, pour permettre à toutes et tous de vivre bien - « bien vivir ». Face aux projets vaguement antilibéraux, la lutte contre les changements climatiques conforte notre choix d’une ligne clairement anticapitaliste, ainsi que notre refus de toute participation à des gouvernements de gestion du capitalisme.
Stratégiquement, la lutte pour le climat ne se distingue pas pour nous de la lutte générale des exploités et des opprimés. Elle ne peut être menée à bien que par ceux-ci : la classe ouvrière, les jeunes, les femmes, les pauvres, les petits paysans, les peuples indigènes. La classe ouvrière est appelée à y jouer un rôle majeur, car elle seule peut jeter les bases d’un autre mode de production dans lequel elle décidera ce qui est produit, comment, pourquoi, pour qui et en quelle quantité.
En même temps, c’est peu dire que le combat environnemental en général, climatique en particulier, est difficile à introduire dans le mouvement ouvrier. Cette difficulté résulte de la situation des travailleurs en tant que classe la plus exploitée, coupée de ses moyens de production, coupée en particulier de la nature comme moyen de production, et qui voit ces moyens de production appropriés par le capital se dresser face à elle comme des forces hostiles.
La conclusion qui en découle est que la possibilité d’écologiser la lutte de classe est fonction de la lutte de classe elle-même. Plus les travailleurs seront battus, atomisés, démoralisés, plus ils verront la défense du climat comme une menace, et plus la classe capitaliste sera en mesure d’utiliser effectivement la protection du climat comme un prétexte pour les attaquer davantage. Dans un tel contexte, la conscience écologique ne peut progresser que sous la forme aliénée du déchirement intime entre le consommateur convaincu de sa nécessaire sobriété et le producteur angoissé par la perte de son emploi.
A l’inverse, plus les travailleurs auront de succès dans leurs combats, plus ils gagneront de confiance en leur force, plus ils seront capables de prendre en charge la question écologique en y apportant collectivement, en tant que producteurs et que consommateurs de leur propre production, les solutions anticapitalistes indispensables.
Un meilleur rapport de forces des exploités et des opprimés est la condition nécessaire d’une solution anticapitaliste à la crise climatique, donc d’une solution tout court. Mais cette condition nécessaire n’est nullement suffisante, et ne permet pas de renvoyer à plus tard le combat pour l’environnement. En effet, outre son urgence, la question écologique possède un certain nombre de spécificités telles que la formation d’une conscience de classe anticapitaliste se heurte ici à des obstacles encore plus grands que dans d’autres domaines.
Il en découle trois conclusions :
Premièrement, l’importance de la construction d’un outil politique, un parti politique anticapitaliste capable de proposer des analyses de la double crise sociale et écologique. Rarement la nécessité d’un parti et d’une Internationale révolutionnaire comme intellectuel collectif aura été aussi flagrante ;
Deuxièmement, l’importance d’un programme de revendications permettant de lier concrètement les dimensions sociales et écologiques de la crise capitaliste. Le point clé ici est que la crise climatique, en donnant une actualité nouvelle à l’idée d’une alternative globale de société, réhabilite du même coup la notion du programme de transition capable de jeter un pont entre la situation actuelle et cette alternative globale ;
Troisièmement, l’importance des dialectiques sociales pour aider l’avant-garde ouvrière à jouer son rôle. Ce n’est pas par hasard que les paysans, les peuples indigènes et la jeunesse sont aux premières lignes dans la mobilisation sociale pour le climat. Les jeunes luttent pour leur avenir, contre une société monstrueuse dont les responsables savent ce qui est en cours mais laissent faire. Quant aux paysans et aux peuples indigènes, à la différence des travailleurs, ils ne sont pas coupés de leurs moyens de production, en particulier de la terre. Face à un système capitaliste qui les a condamnés à mort, ils ont compris que la lutte climatique fait partie de leur lutte d’ensemble et confère à celle-ci un formidable surcroît de légitimité. « Les paysans et les paysans peuvent refroidir la planète que l’agrobusiness réchauffe » disait un communiqué de Via Campesina un peu avant Copenhague. Les travailleurs aussi peuvent refroidir la planète. En produisant pour les besoins, pas pour le profit, en réduisant radicalement le temps de travail, etc. La convergence des mouvements sociaux peut les aider à prendre conscience de la force énorme qu’ils représentent. De là notamment l’importance de la conférence de Cochabamba convoquée par Evo Morales.
Camarades,
En adoptant ce projet de résolution, la Quatrième Internationale se dira écosocialiste.
Certains refusent cette étiquette en disant : « à quoi bon, le socialisme suffit ». Parmi les adversaires de l’écosocialisme, il y a ceux pour qui rien n’a changé, qui refusent que le pur schéma de la Révolution d’Octobre soit pollué par la question écologique. Ils ne sont pas, que je sache, présents dans nos rangs. Par ailleurs, il y a des camarades qui, tout en admettant la nouveauté radicale de la combinaison du social et de l’écologique, considèrent l’écosocialisme comme une concession inutile à l’écologie politique. Ce n’est pas de cela qu’il s’agit.
On peut discuter longuement l’existence ou non d’une écologie de Marx. Personnellement, je crois Marx beaucoup plus écolo que nous ne l’avons dit. Mais l’essentiel n’est pas là.
L’essentiel est que tous les courants marxistes ont raté la question écologique, que certains continuent à la rater et que tous gardent des difficultés à y répondre de façon convaincante.
Se dire écosocialistes, c’est d’abord une manière de dire « nous avons compris » ou, à tout le moins, « nous savons que nous devons comprendre quelque chose que nous n’avons pas compris ». C’est une nouvelle étiquette sur la bouteille, un peu comme la nouvelle chemise que Lénine recommandait d’enfiler. Une nouvelle étiquette peut être utile.
Mais l’écosocialisme est plus beaucoup qu’une étiquette. Quoique le concept soit encore en chantier, on peut indiquer une série de points sur lesquels il se différencie substantiellement du socialisme tel que des générations de militants l’ont conçu, et tel que notre courant l’a conçu.
Le point de départ est que stabiliser le climat implique un autre système énergétique. Pas seulement d’autres technologies pour produire du courant, de la chaleur ou du mouvement, mais aussi une autre agriculture, une autre rationalité et une autre organisation spatiale. La construction de ce système nouveau sera forcément une tâche de longue haleine, nécessitant la destruction de l’appareil productif capitaliste. La prise du pouvoir politique n’est que le point de départ de ce bouleversement.
Le nouveau système énergétique à construire implique nécessairement la décentralisation de la production de courant - condition nécessaire notamment à l’utilisation rationnelle de la chaleur - et la relocalisation d’une part la production. Décentralisation et relocalisation sont parfaitement compatibles avec le projet d’un socialisme mondial, et indispensables à son autogestion démocratique. Cependant, il est peu contestable que ces deux préoccupations ne surgissent pas spontanément de notre tradition programmatique, qui insiste plutôt sur la planification mondiale de la production et des échanges.
Une autre problématique nouvelle concerne l’importance du travail vivant. Notre programme fait une large place à la nécessité d’investir du travail vivant dans les services tels que les soins aux personnes, l’enseignement, la santé, etc. Cette problématique ne nous est donc pas étrangère. Mais, pour tous les autres secteurs, nous nous en remettons à l’idée que les machines et les robots permettront de libérer au maximum les producteurs de la charge du travail physique. Cette idée doit être remise en cause, car les soins aux écosystèmes nécessitent une intelligence et une sensibilité qui ne peuvent être apportés que par le travail humain. C’est particulièrement évident dans le cas de l’agriculture : pour « refroidir la Terre », comme dit Via Campesina, il faut remplacer l’agrobusiness par une agriculture organique paysanne ou coopérative. Cela passe forcément par un plus grand investissement en travail humain (ce qui ne signifie ni le retour à la houe ni la fin du progrès, mais une autre forme de progrès).
Enfin, la conception même de la nature mérité d’être réexaminée. Dans le contexte de la crise écologique capitaliste, en effet, le marxisme ne peut plus se contenter de voir la nature du seul point de vue de la production, c’est-à-dire comme un stock de ressources, une plateforme de travail et une décharge pour les déchets. Nous devons apprendre à voir la nature aussi du point de vue de la nature elle-même, du point de vue des grands échanges de matière et des conditions de fonctionnement des écosystèmes, qui déterminent en dernière instance les conditions de vie de l’humanité. Il y a de précieuses indications à ce sujet chez Marx, il s’agit de s’en saisir et de les développer.
Sur tous ces points, la résolution ne fait qu’ouvrir un chantier théorique sur lequel l’Internationale devra revenir. Mais il est important de faire signe dès maintenant, de montrer que nous sommes en mouvement. A Copenhague, en décembre, une brèche s’est ouverte. Pour la première fois, une mobilisation de masse sur les questions environnementales globales a pris le caractère d’une lutte sociale contre le système en place : « Change the system, not the climate », « Planet not profit ». Ce mouvement internationaliste va s’amplifier. Il nous offre des potentialités considérables. Une tendance anticapitaliste ne nous a pas attendus pour s’y développer. Nous devons la renforcer.
Daniel Tanuro
23:09
Scritto da: jeanlouisla
in climat, developpement durable | Link permanente | Commenti (0)
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